mai 17 2008

SÈTE !!!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:55

On a marché sur la mer. Après une avant dernière étape piscénoise où furent salué Molière et Boby Lapointe, c’est avec un peu d’émotion qu’on a pris la route de Sète une bonne fois pour toute. Au départ, un dernier collègue de pédalage, Olivier, quelques cerises offertes par une maman coquelicot, Jacky Lapointe et sa si belle veste rose, et enfin Alain, mon éclusier-photographe (on remarquera d’ailleurs que c’est un peu le même métier, l’obturation changeant juste de taille et de matière). A 11 H, à Marseillan, sur le port, on croque quelques huitres.
Et puis, au sens propre, la dernière ligne droite : longue route qui joint Marseillan à Sète, entre l’étang de Thau et la mer, enfin touchée du doigt et des orteils. Je fais prendre un bain de roue à bicyclette et mulette.
A 14 H, après trois semaines à serpenter, arpenter, transporter, transpirer, respirer, conspirer, considérer, sidérer, ça y est, la ligne d’arrivée, le panneau Sète. Accueil au son de l’orgue de barbarie, voiture suiveuse, banderole, Picpoul. Emotion.
Ce soir, la salle de l’Espace George Brassens sera trop petite, dernier concert d’un fabuleux Paris-Sète à bicyclette. En roue libre.
Devenu, enfin, troubadour. Heureux. Fourbu. Heureux. Merci à toutes les routes et à tous les sourires que j’ai empruntés.



mai 16 2008

Vendredi 16 mai - Ca commence à sentir la crevette!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 10:00

Ca commence à sentir la crevette.
Demain, donc, Sète. Aujourd’hui Pézenas, trente petits kilomètres que l’on va
s’avaler en père peinard. Hier, Mourèze, troisième concert chez l’habitant,
chaleureux, dans un décor lunaire (cirque de Mourèze), une cinquantaine de
nouveaux visages rencontrés, je ne compte plus ces rencontres, elles se
mélangent un peu, les paysages aussi, et j’ai arrêté de chercher à les fixer, je
laisse aux flux et reflux de la mémoire le soin de revenir quand ça voudra.
Depuis quelques jours c’est la fête des coquelicots. En grappe. Rouge vif
fragile, je m’en imbibe. Hier, juste avant de chanter le mien de Coquelicot, un
petit garçon bien bavard a dit tout haut que lui il les mangeait… C’est
peut-être ce qui le rend si bavard, d’ailleurs.
Alors voilà, j’arrive au bout, demain je serai à Sète, à bicyclette, avec ma
petite boîte, celle de l’empailleur de bulles de savon. Merci Pablo pour ce joli
cadeau qui m’a permis de pédaler sur scène chaque soir.


mai 15 2008

Jeudi 15 mai - en route vers l’Hérault, dernier département!

Tag: Missive du jourDavid Sire à 10:00

Le Petit Carré d’Art. Des lieux comme celui-ci, je vais bien y faire halte tout
les jours : ancien petit cinéma reconverti en théâtre à la française, écrin
délicat d’une centaine de place, y’a même des rampes de projecteur, dis-donc,
j’avais oublié. La scène a une bonne taille, de la place j’en ai, alors sur le
fil à linge je mets toutes mes affaires à sécher, faut dire que ça commence à
puer un peu le bison…
A Radio Saint Affrique on a longuement devisé avec Bonnie & Clyde, promis qu’on
se rappelle pour l’arrivée, au franchissement du panneau “Sète”. C’est pour
bientôt.
Aujourd’hui, je file sur Mourèze, enfin filer risque être un bien grand mot vu
le profil de l’étape, Col de l’Homme Mort (si si), col Notre Dame (ça fera
l’équilibre avec le précédent), des orages annoncés, brrrrr… ça va pas être de
la tarte. En route.


mai 14 2008

Mercredi 14 mai - “C’est de Famille!” est de sortie

Tag: Missive du jourDavid Sire à 18:00

C’est aujourd’hui que je vais enfin mettre un visage sur Bonnie & Clyde, mes
deux voix de Radio Saint Affrique, eux qui me suivent et m’appelent fidèlement
depuis que j’ai poussé la porte cochère parisienne fin avril.
Avant cela, petite séance de dédicace à la librairie Comédia de Millau. Et oui,
le livre-disque “C’est de famille” est sorti hier ! Magali le Huche, qui l’a
illustré, m’accompagne depuis le début, c’est elle qui a dessiné l’affiche de
“En roue libre”.
Bon, Mulette redonne des signes de fatigue, zut, zut, allez Mulette, faut tenir,
plus que 150 kilomètres, demain on franchira la barre des mille, allez Mulette,
allons jusqu’à Sète. En prévision du pansement supplémentaire inévitable, j’ai
vu large : 10 mètres de gaffeur et 50 de fil de fer, allez Mulette, tu vas voir,
je vais bien te soigner, tu le mérites.


mai 13 2008

Mardi 13 mai - De Langogne à Millau

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:55

Aujourd’hui, comme pour le Tour de France, il y a “liaison”. Liaison c’est comme infidélité, c’est à dire que mulette-bicyclette-bidule-et-moi, on rentre dans une Clio (si si), histoire de rendre possible l’impossible, soit rallier Langogne à Millau. On se fait donc déposer au dessus de Mende, sur le Causse Sauveterre, quelques kilomètres en désert avant de replonger dans les Gorges duTarn. Longs méandres entre les hautes murailles des Gorges. Je repense auconcert d’hier, à la St@tion de Langogne, moment calme partagé avec la trentaine de Lozérois présents. Ma boîte au lettres en sera bonne pour : une chanson écrite à quatre mains, un cadavre exquis à douze mains, un joli dessin. Monnouvel alambic commence à s’habituer à sa nouvelle carrière scénique, on s’amuse bien, lui et moi, à mettre un peu de vin dans mon eau.L’arrivée à Millau sera longue, interminable sur la fin, j’atterris au Petit Furêt peu après 18 H. Installations et toilettages d’usage, kinoa-coquillettes en prévision de demain, puis concert en terrasse, deuxième extérieur qui seral ui aussi un peu perturbé : la police débarque au moment de “Poète en voiture defonction”, ce qui en donne une version inénarrable, on rigole bien ; un bavard alcoolisé ne cesse de hurler à la liberté en m’appelant “son frère” ; bref, quelques tourbillons. Mais Bidule, encore une fois, s’est bien régalé.


mai 13 2008

13 mai / Reportage France 3 Quercy-Rouergue

Tag: Missive du jourDavid Sire à 20:00

Reportage France 3 Quercy Rouergue

19/20 - mardi 13 mai 2008

Journalistes :  Mathilde De Flamesnil & Régis Dequeker


mai 12 2008

Lundi 12 mai

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00

Après l’Ascension, la Pentecôte. Sortir du Puy en Velay ça met d’emblée les
points sur les i, les auréoles sur les saints, les langues de feu sur les
apôtres, bref, aujourd’hui on montera à 1250 m, point culminant de la tournée,
ça n’ira pas plus haut. Mais avec la soirée et les rencontres d’hier, ça passe
tout seul. Hier : salon bondé chez les Arsac, un beau bouquet de tournesol dans
Mulette, décidément c’est un voyage sous le signe du jaune (colza, pissenlits,
boutons d’or, tournesol, affiche de Magali le Huche, huch huch huch). Après le
spectacle, longues discussions avec tout ce joli monde, on se raconte nos
bidules respectifs, c’est bon. Je goûte la verveine locale, qui n’est pas en
tisane ! Et dodo.
Donc, la sortie du Puy, montée sur le plateau, le Bouchet, la statue de
Stevenson, et surtout une escorte : René, allemand physisien venu de Tübbingen,
Joël vendeur de voitures depuis trente ans, et Jean-Claude, mon hôte de la
veille. Joli quatuor de vélocypèdes pour rallier Le Puy à Langogne. Ciel
d’encre, orage, on aura la pluie, mais le soleil sèche vite après, paysages
trempés, délavés, couleurs et contrastes d’une densité rare. Langogne est en vue
à 17 H, arrivée sous la caméra de La Station où je joue dans… quatre heures.
Là-aussi, plus qu’un bon parfum. Accueil lozérois simple et franc. Installation
du barda pour le soir, la scène est jolie, ondulante et courbée comme une hanche.
On dîne ensemble, le géant ressort de sa boîte, bidule se regonfle, l’alambic
bis raconte son improbable fable. Sourires, retrouvailles avec certains qui
avaient connu Drôle de Sire, paroles. Et pour finir, comme chaque jour depuis
quinze jours, dodo profond, sans ambages ni insomnies !


mai 11 2008

11 mai - Vers Peyredeyre, au pied du Puy

Tag: Missive du jourDavid Sire à 19:00

Finalement, Huguette n’aura pu mettre la main sur l’alambic, celui-ci n’étant
pas stéphanois mais lyonnais, elle est désolée, car comme elle dit : “c’est
toujours quand on a besoin des choses qu’elle ne sont plus là”, et oui. Mais du
coup, à mon retour sur Paris, j’aurai un colis alambiqué dans ma boîte aux
lettres, merci Huguette. Et puis à bien y réfléchir, l’alambic de secours
pourrait bien faire l’affaire, il commence à m’inspirer avec son tortueux
tortillon.
Petit saut de puce jusqu’à Aurec sur Loire, par l’entremise d’Areski-le-Sauveur
(si si si), avec qui l’on devise joyeusement le temps de poser bicyclette et
mulette aux portes de Saint Etienne.
Deux compagnons au départ de l’étape de ce matin, Réjane et Jeff, venus faire
quelques vues de ma vadrouille du jour, on rigole bien ensemble, on a de quoi
s’entendre, ils ont fait un petit tour eux aussi, du monde d’ailleurs.
Remonter la vallée de la Loire, délicieux faux plat montant, ça roule bien,
chapelet de noms en “-AC” : Bransac, Retournac, Changeac. Le tout pour finir
chez Jean-Claude Arsac, deuxième concert chez l’habitant. Le troubadour que je
suis écope d’une bienheureuse séance de jaccuzi qui ne se refuse pas. A l’heure
qu’il est, devant l’ordinateur, je suis entouré de milles fumets prometteurs,
salades, gâteaux, poulardes et sangliers, ce soir Gargantua sort de son antre !
Concert dans quelques minutes. Excitation, joie, attente.


mai 10 2008

10 mai / Saint Etienne / accident d’alambic

Tag: Missive du jourDavid Sire à 19:00

Les onomatopées auront finalement eu raison de mon alambic. Zut. Snif aussi.
Mais bon, ce n’est que du verre. C’est pourtant fou la vitesse à laquelle on
s’attache aux choses, surtout quand on en a peu avec soi, comme en ce moment.
Donc, vers 13 H 30, en pleine acrobatie onomatopique dans le village du
Festival, l’alambic a chu, et c’est tu, terminus. Je termine sans lui, au milieu
des éclats de verre. Bon, c’est ainsi. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot,
après le concert, je file dans le centre ville, petit jeu de piste dans les
boutiques, on me renvoie de ci, de là, vers ici, vers là-bas. Je parviens à
mettre la main sur un alambic de secours, mais bon, c’est pas encore ça. Du
coup, à l’heure qu’il est, j’attends la sonnerie de mon portable : Huguette a
promis de m’appeler. Huguette, c’est une brocanteuse / antiquaire, je suis
rentré dans sa boutique, lui ai raconté ma mésaventure, et oh miracle, elle m’a
dit que oui, peut-être dans son stock, là-bas en banlieue stéphanoise, elle
pense qu’elle en a un, j’ai peut-être mis la main sur le seul alambic de Saint
Etienne. Alors j’attends la sonnerie.
J’appelle Bidule à la rescousse
Allez, Bidule, juste un coup d’pouce

Photo Jeff & Réjane / DS - Alambic transfiguré


mai 09 2008

9 mai / Vers Saint Etienne / 1ère partie de Magid Cherfi

Tag: Missive du jourDavid Sire à 23:00

Fi des habitudes, ce matin, avant de partir, petite ballade à pied sur les
hauteurs de Saint Bonnet avec le patron. Puis dévaler vers la vallée, bicyclette
et mulette à fond les manettes, Montbrison, on passe le km 666,66 au compteur,
diabolique. Longue traversée jusqu’au pied de Saint Etienne, grosse grimpette,
bien grosse même par Saint Genest Lerprt, j’aurai du écouter un conseil d’hier
qui me conseillait une autre route, mais voilà, j’ai été têtu.
Arrivée rock’n roll, retour dans la ville et sa vitesse, ses voitures, ses
grincements et… le labyrinthe stéphanois. Je finis par trouver le festival
Paroles et Musiques. M’attedent une caméra et un drôle de micro : première
interview à vélo, rigolo, on fait des tours avec l’interviewer, précaire
équilibre, on manque s’emplafonner deux trois fois, mais rigolo, si.
Paroles et Musiques, ici ça change de Couleur Café tout là haut dans le Forez :
ici, il y a des “runers”, des “rodies”, le “staff” et on peut grignoter au
“catering”. C’est bien aussi.
Le soir, dans un Magic Mirror tout plein, j’ouvre le bal à Magid Cherfi, avec
bonheur : trente minutes suspendues, je joue en acoustique, trois cents paires
d’oreilles dans la menotte de Bidule, j’en redemande des comme ça.

Photos de Jeff & Réjane


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